Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L'ORPAILLEUR ET L'ALBATROS

L'ORPAILLEUR ET L'ALBATROS

L’introspection signifie « regarder à l’intérieur de soi ». Ce terme désigne l’état dans lequel on est attentif à ce qui se passe à l’intérieur de soi (nos sensations, nos pensées, qui nous sommes...) et les méthodes pour regarder à l’intérieur de soi. En psychologie, l'introspection est une méthode d'observation et d'analyse de soi en vue d'étudier sa propre personne et d'acquérir une connaissance de soi ou bien en vue de connaître l'esprit humain en général...


SAVALL D'ARVO : Biographie, l'intégrale... suite et fin !

Publié par L'Orpailleur sur 18 Avril 2021, 08:01am

SAVALL D'ARVO : Biographie, l'intégrale... suite et fin !

J O U E R   J U S T E

Je devais avoir un peu plus d’une quinzaine d’années quand 2 phrases sont venues se flanquer au coin de mon existence pour ne plus la quitter. Celle de Montaigne : « J’aime mieux forger mon âme que la meubler » et puis celle de Pascal : « Rien n’est si insupportable à l’homme que d’être en plein repos, sans passion, sans affaire, sans divertissement. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide »

Alors, quelques décennies après, quand on s’intéresse à la philosophie de la vie et à plus forte raison aux conséquences de la sienne, les questions du temps qui passe et de celui qui nous est imparti vous deviennent essentielles car elles posent le problème de l’engagement et de la conduite de cet engagement. Le temps qui passe vous donne l’image d’une certaine certitude et pour certains, d’une certitude certaine. La certitude serait-elle une libération où une simplification ? La dépossession de la certitude passerait-elle par le doute, par l’acceptation, par l’imagination ?

Acceptez mon invitation à passer le seuil de ce récit d’incertitudes et de créativité qui m’apparaît comme l’une des composantes du chemin parcouru en compagnie du possible. Concédez-moi aussi ce style de petit office certifiant qu’aucune règle ne prévaut, si ce n’est celle du sentiment naïf d’une écriture familière et à défaut d’y trouver le plaisir de l’entendre, faites-moi la grâce de ne pas y trouver l’ennui !

Pour satisfaire un souci d’indépendance et parce que nous savons tous que le trop de similitudes réduit, notre homme s’est mis à tracer un récit que tout individu pourrait écrire, conscient que sa conscience s’amuse de lui, mais un peu moins souvent lorsqu’elle s’immunise. De ce conflit, entre l’ordre fondamental et la fantaisie, entre l’intime et la globalité, va naître une nouvelle histoire, un témoignage d’une existence quasi mineure au milieu d’un tout. Evidemment, une énième tentative du « pourquoi suis-je venu ? » juste pour savoir si cette vie est tout simplement une affaire de hasard, comme on vient à le penser en mûrissant. A moins qu’il soit un schéma établi, un plan type dans lequel on a plus ou moins trouvé sa place ?

Ni grognard, ni hussard, notre homme s’accomplit ordinairement avec un pouls juste un peu plus ardent, attentif aux belles âmes, sensible à la sensibilité des autres. Il jongle comme il peut avec ses pensées souvent en désordre. D’ailleurs, s’épancher est dans son caractère mais d’une plume qu’il veut émotive, égale à lui-même, d’une prose qui pique mais ne grince jamais. Se replier ou se déployer, il a choisi son thème. Il se commente, s’étale parfois, mais moins souvent. Il essaie de trouver sa cadence entre ses maux de cœur et les mots de sa raison. En fait, il se plaît mieux en ciseleur d’histoires puisqu’elles lui procurent un moyen de transport.

Pour mener à bien l’étude de son monde, il a décidé de se conduire en homme responsable qui tire la leçon des épisodes de sa vie et de ses propres métamorphoses. Il commence à dire le monde comme il le voit. Un monde où les excités s’excitent pour ne pas avoir à observer le vide qui les entoure et pour fuir ce qu’ils sont déjà ou ce qu’ils vont probablement devenir.

Il se voudrait inflexible, refusant la part veule du monde, préférant chercher sa noblesse et sa dignité. Mais comme les humains qui violent les lois qu’un Dieu aurait établies et changent sans cesse celles qu’ils établissent eux-mêmes, il se garde, tant bien que mal, contre tout déterminisme. Les événements lui font sentir que l’on ne peut plus se perdre dans le futile. Pas d’emphase, désormais le mensonge l’encombre, il n’a plus de temps à cela. Il haït par dessus tout la suffisance, les effets de manches, les honneurs autoproclamés des enivrés jusqu’à plus soif par la conquête de gloires acquises dans les nymphes aseptisées du monde du silence. Allergique à l’esbroufe de ceux qui se prennent pour ce qu’ils auraient rêvé d’être à l’automne de leur vie au point de se coudre dans un mouchoir de poche. D’ailleurs, ils ont complètement fini par oublier qu’il ne suffit pas de s’inventer des histoires mais qu’encore il fallait être cru !

Un certain rythme. Le sien. Une sorte de nonchalance vive dans la façon de tourner autour de quelques hantises. Il se pose, sans artifice, le ton bientôt juste et la pensée plus claire. Un peu comme un boxeur lassé qui finit un jour par raccrocher les gants, il a décidé de laisser tomber les fronts chauds pour goûter à la quiétude de la navigation en solitaire et pour se mettre lui-même en scène. Alors, il s’est posé là, un pas en arrière, légèrement en retrait dans une ombre qu’il veut bienfaisante, à portée des idées généreuses, à distance des imperfections. Délice permanent de savoir ce qui est et de ce qui peut être, autant que de ce qui n’est pas où qui ne sera jamais.

Et puis, notre homme écoute aux portes en cachette, mate ses personnages. Invité à la Table du Partage, il se glisse parfois dans leur intimité mais ne dévoile jamais les secrets de cette nef étrange qui vibre souvent de soupirs retenus. Mais comment peut-on vivre sous un abat-jour au sein de ce qui pourrait rester de la flamboyante nation des Lumières ?

Alors que le travail est encore inachevé, notre cosmographe de l’illusoire s’aperçoit d’un important détail : l’ouvrage qu’il sculpte avec un peu moins de maladresse est posé à l’envers et tout est à recommencer. Il aurait aimé que son travail apparaisse tout relié à lui même, aux autres, aux siens, à ses désirs, à son époque, mais peut être que sa quête de sens n’a plus véritablement de sens ? Il est peut-être prisonnier d’une vie qu’il n’est pas sûr d’avoir choisi en totalité et qu’il doit réévaluer comme un explorateur du désert qui sait que peut importe où il ira, le sable recouvrira ses traces.

Vindicatif, orgueilleux, impatient et très attaché à certains de ses défauts, convaincu il y a peu qu’ils étaient des qualités, notre homme avait l’arrogance des ignorants parce que la vie lui était belle. Il a vécu ce brouillage d’inquiétudes qui conduit aux excès ou parfois aux premières pages de la sérénité et il a fini par y trouver un équilibre qu’il ne veut plus précaire. Pourtant, il songe à se ranger de façon définitive et faire quelques concessions pour mieux vivre. Terminer tout doucement sa vie avec ses amours et ses rêves, au calme, peinard, sans se brûler les ailes, sans se perdre et ni se trahir. Revenir à soi et aux siens, ça doit aider à vivre quand le vent disperse ?

L’essentiel n’est-il pas le « soi » ? L’immense totalité de soi pour ne devoir qu’à soi. Pour exister en soi en s’arrachant des belles appartenances. Ne plus vivre pour plaire ou pour ne pas déplaire. Se façonner à l’inverse des messes qui annoncent avec clinquant la vérité universelle. Faire le choix de gratter le sol autour de soi. Parler moins fort et cesser de mentir ! Etre enfin en conformité avec soi-même. Etre ce qu’il voulait être, affranchi, sans masque, pour que l’autre, l’authentique se révèle. Après tant d’années, il a enfin compris qu’il est totalement dérisoire de se vanter d’avoir le plus grand ceci ou d’être le plus grand cela. Tout ce chemin de vie pour accepter, pour s’accepter. C’est en s’étant égaré qu’il s’est enfin retrouvé. Quel soulagement quand la réussite et le paraître n’obsèdent plus, on peut enfin aspirer à quelque chose de supérieur et se risquer à transmettre que sur terre nous ne sommes qu’un microscopique relais du Mystère !

En fait, notre homme à une folle envie de vivre son nouvel itinéraire, en toute liberté en aiguisant son quotidien et ses appétits d’apprendre, d’admettre et de comprendre. Il a cherché une nouvelle partition pour aller un peu plus loin dans la mission du moi-même et à essayer de métamorphoser le temps qui lui est imparti ! Le certain, c’est qu’il veut tenter la fusion entre les mots et les notes, entre le corps et l’âme. Au fond, comme le disait Diogène, il est à la recherche de l’homme et qu’il sait qu’il est bien prétentieux de vouloir maîtriser l’autre et les autres qui sont en lui.

Notre homme a fait le choix de quitter le panthéon où banquettent de joyeux drilles inventés, d’abattre ses totems, de basculer ses extravagances, de mobiliser son entendement, de transformer cette presque fin en un commencement, de consumer sa vie plutôt que de la consommer ! Mais, même si l’on ose dire les métamorphoses d’un être décidé enfin à faire connaissance avec lui-même, il s’accorde au moins l’audace d’avoir essayé depuis qu’il a décidé de s’arrêter sur le bord de la piste pour se dégager des servitudes mondaines. Il a désormais la conviction profonde de s’appartenir.

Aujourd’hui, s’il n’a pas trop vu se dérouler cette vie qui lui coule encore entre les doigts, il a conscience d’un présent qui dure, comme si la besace du destin, qui lui semblait chichement remplie, se mettait soudainement à déborder. Ce destin qui s’accélère à la silhouette d’un homme qui pense juste un peu mieux, qui parle juste un peu moins fort, qui écrit juste un peu plus clair, pour que cet ensemble composé, pour que ce tout redevienne enfin MOI !

Etre Moi en étant définitivement à l’heure de Moi-même !

Savall d'Arvo – janvier 2002 : Aperçu de mon Mémoire

9 948Visiteurs uniques
18 772Pages vues
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents